dimanche 7 juin 2009
les éléphants
Sept cent trente jours séparent ce jour-ci d'aujourd'hui. J'ai continué à marcher pendant sept cent trente jours. J'ai regardé le ciel, je regarde toujours à l'intérieur des appartements la nuits. Sept cent trente jours comme un sac de plastique blanc de supermarché qui fait le tour de la Terre, suivre le vent. Sept cent trente jours. Sept cent trente jours où j'ai dessiné de l'index les contours flous de mon terrain de jeu. Appris les règles pour m'en défaire tout à fait. Finalement, sept cent trente jours de caféine et de clopes. Sept cent trente jours comme huit milles autres. Comme une promenade dans un cimetière d'éléphants. Suivre leurs traces, pour quitter tout à fait leur route. En ville, en campagne, faire le tour du pâté de maison avant de rentrer chez soi.
Sept cents trente jours, parce que le monde suit le rythme du calendrier, une tournante infernale. Sept cent trente jours pour apprendre à marcher. Etre sa propre cavalerie.
Un monde, un fossé, une infime blessure sans cicatrice. Mais une étoile sur ma peau. Sept cent trente, comme autour de tours de Terre. Et pourtant, je me retrouve au même endroit. Le voir sous une autre lumière. Sept cent trente c'est énorme et infinitésimal, pourtant le même temps, le même vent, sans que absolument rien ne soit pareil, ni radicalement différent. Car après sept cent trente jours il n'y en a que celui-là. L'homme par hasard, par le plus grand des hasards. Il dort. Je le regarde et je comprends qu'une seule larme sur ma joue peut-être bien plus vaste que les flots d'il y a sept cent trente jours.
Sept cent trente jours, des éléphants sans mémoire ça n'existe pas. Ou alors ce sont des autruches.
Ma vie ne se défait jamais tout à fait de la route que j'ai suivie, des carrefours que j'ai pas empruntés, des voitures qui m'ont renversées, mais je ne suis pas un éléphant. Je ne suis pas toujours la même route. Mon itinéraire.
Commentaires
Je ne sais pas si tes écrits appellent ou non des commentaires - à vrai dire, ils ne semblent pas en attendre - mais depuis quelques temps que je te lis, j'ai eu plusieurs fois envie de te dire que c'était beau.
Alors aujourd'hui, je le fais : voilà, ce que tu écris, c'est beau.
Keep on going
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=180724&pid=13992693
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :