lundi 1 juin 2009
insomniaque
L'aube du premier jour de juin se lève. J'ai beau en vivre encore et toujours, il y a peu de choses en ce monde qui m'émeut à ce point. Aussi peu de moments qui m'inspirent cette confiance. Je me dis souvent peu importe, mais à l'aube j'ai envie de la retenir dans mes mains. Si je devais croire en une chose, si je devais en être absolument sûr, est-ce que ce serait ce moment ?
L'aube est bleue. Un bleu gris, un jeans délavé.
Mettre sa confiance dans les mains de l'aube est probablement la chose la plus stupide. L'espoir de l'éternité en définitive. Ça ne se résume donc à pas grand chose, rien qui ne tienne la route.
Une énigme me traverse la tête ce matin; je me demande pourquoi j'aime à ce point le jour qui se lève, cet instant où tout est encore mort. Je ne trouve pas la réponse. Peut-être parce que ce sont d'autres questions qui se dandinent en dessous. Est-ce si bizarre d'aimer l'aube, un tel attachement ? Y a-t-il que les insomniaques ?
A y réfléchir, je me dis que tout le monde aime l'aube. Peut-être bien plus que les insomniaques, les gens dont le sommeil est en état doivent bien plus à l'aube. Il semble exister quelque part cette possibilité que demain sera, puisqu'aujourd'hui existe. Remettre au lendemain, ce n'est finalement que 12 heures de plus. 12 heures où on joue au cheval mort de toute manière. La possibilité de rattraper son erreur d'aujourd'hui en toute impunité, encore mieux quand on est protégé par l'immunité diplomatique si évidente. Mais l'aube ce n'est pas ça. Quand on la voit sans discontinuité on sait qu'il n'y a qu'un fil, une fin à chaque battement. L'aube c'est aussi ne pas savoir se défaire de ses frusques. De vouloir à tout prix être un. Sans relâcher la mâchoire.
L'aube c'est être seul avant tout. Devant le monde, un temps d'avance qui ne sert pas vraiment.
L'aube ce sont mes plus belles décisions. Je ferai ça, ici, surtout ailleurs, seul parfois, accompagné d'autres fois. Sur tout ce rien. Sur l'aube, le ciel clair ou assombri. Je suis insomniaque, même si on ne me croit pas, même si on me dit qu'il faut dormir comme si j'étais complètement con de ne pas dormir.
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