3xrien

...

mercredi 17 juin 2009

fermeture définitivement provisoire

Si les gens se retrouvent après une longue longue marche dans une impasse, continuent-ils à marcher dans la même direction quitte à faire du surplace ?
Une fois la dernière part de gâteau avalée, faut-il absolument lécher l'assiette ?

Marcher avec des chaussures trop étroites n'est-ce pas idiot ?
Quand le jour-J arrive, quand vous savez, quand enfin c'est là entre vos mains; pourquoi ne pas les joindre pour réceptionner ce don du ciel? Ce ballon de riz distribué par les avions de l'ONU.

Je ne sais rien. Je n'ai pas de plan. Mais ce blog, celui-ci est fini. J'écrirai, j'irai ailleurs. J'oublie pas.
Je n'oublie pas celui à qui je dois tout. Y compris ces litres d'eau perdus à chaque phrases ou presque. Je remercie ce gars de m'avoir dit, un soir alors que je finissais ma bière, "écris, j'aime ce que tu écris". Même s'il n'est probablement pas mon plus grand lecteur, tous les mots d'ici et d'ailleurs sont grâce à lui depuis trois ans et un certain stabylo.

Puis les suivants, je les remercie aussi. Les connus, les amis, les anonymes.

Pourquoi écrire (ici), lorsque ça nous rapproche des larmes plus que de la vie ?
Ecrire comme toute autre chose quotidienne.
Mais oui, écrire peut vider.
Vous savez maintenant.
Même lorsque c'est un pauvre blog.

J'aime toujours écrire. Mais ici, c'est fini.

Je ferme, c'est sans doute le mieux que je puisse faire pour le moment.
Le premier pas. Partir n'est pas quitter. Partir n'est pas quitter. Fermer, si ça permet de faire autre chose. Même moins bien, cette chose a besoin de place.

Je ne suis pas fou. J'arrête simplement parce que je suis arrivé à la limite de ce que je pouvais faire ici. Tout est dans cette phrase, alors lisez la. Une fois, deux fois, trois fois. Tout est là, ni plus ni moins.

En somme, il ne s'agit que de continuer.

PS: "Ero dietro di te..."

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lundi 15 juin 2009

3 x pas grand chose

FERMETURE
PROVISOIREMENT
DÉFINITIVE.

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dimanche 14 juin 2009

en cure

La vérité c'est que je suis toujours aussi insomniaque, que je n'arrive pas à arrêter la clope, qu'aujourd'hui j'ai vu que l'amour c'est aussi de dire non, que je l'aime aussi sûrement que j'ai appris à m'aimer bien, qu'écrire tue, que je ne suis pas bon comme téléphoniste, que Joni Mitchell est une chouette compagne la nuit, que savoir jouer du piano est une belle chose, que j'ai encore des ratures, que la voir hier soir c'était ma bouffée d'air pur, que ce matin j'avais la haine, que je le connais mieux que personne, que je sais marcher pieds nus. Que je sais pas grand chose. Pas grand chose de plus que je ne le saurai dans 10 ou 20 ans. Que je ne le saurais si j'avais 10 ou 20 ans de plus, vu que je me tairai-s.

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vendredi 12 juin 2009

minuit vingt

Il est minuit vingt, j'ai surbouffé mais finalement j'ai encore la dalle. J'ai envie de décoller le papier peint de mes murs, même si j'en ai pas. J'ai envie de hurler son nom depuis mon balcon, je construirais bien un navire de mes propres mains. Si elles ne tremblaient plus. J'ai envie de courir dans la nuit. D'aller à la chasse, de faire des études de droit. De ranger cette chambre. De repasser. De glairer. De me laver les dents. De boire, de manger. D'insulter ta mère. De faire du vélo avec ton père. Etc. Etc.
Oh mes lucky...

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lundi 8 juin 2009

for what it's worth

Je suis assis à l'arrière d'un taxi Je suis assis à l'arrière d'un taxi Je suis assis à l'arrière d'un taxi. République République, Répu. Une chanson familière passe à la radio, j'ai un drôle de truc dans le corps, je chantonne. Et je pleure tout en souriant comme un ogre. Un drôle de truc à peine croyable.
Je suis rentré. J'ai fermé la porte, rien que la porte.
Partir vite. Partir comme on va chez l'épicerie du coin à minuit. Le dépanneur, partir et revenir. Car nous nous reviendrons. Partir n'est pas quitter. Partir vite. Vite comme un sparadrap sur aucune plaie. Ne compte que la rapidité du geste. Car ce n'est que quelques encablures.
Je suis debout au beau milieu du métro. Je suis debout au beau milieu du monde. De nulle part en particulier. Je suis debout. Je me mets à pleurer un coup. Au beau milieu du monde auquel je dis merci. Je rentrerai chez moi, je fermerai la porte. Rien que la porte. Je dis merci c'est tout. Pleurer est un acte de fois, comme lorsqu'on se sait béni. Accueillir la pluie sur soi. Et je repense à cette chanson des Cardigans. A ces quelques notes de musique sur un avant bras et l'amour est comme l'amitié.

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dimanche 7 juin 2009

les éléphants

Sept cent trente jours séparent ce jour-ci d'aujourd'hui. J'ai continué à marcher pendant sept cent trente jours. J'ai regardé le ciel, je regarde toujours à l'intérieur des appartements la nuits. Sept cent trente jours comme un sac de plastique blanc de supermarché qui fait le tour de la Terre, suivre le vent. Sept cent trente jours. Sept cent trente jours où j'ai dessiné de l'index les contours flous de mon terrain de jeu. Appris les règles pour m'en défaire tout à fait. Finalement, sept cent trente jours de caféine et de clopes. Sept cent trente jours comme huit milles autres. Comme une promenade dans un cimetière d'éléphants. Suivre leurs traces, pour quitter tout à fait leur route. En ville, en campagne, faire le tour du pâté de maison avant de rentrer chez soi.
Sept cents trente jours, parce que le monde suit le rythme du calendrier, une tournante infernale. Sept cent trente jours pour apprendre à marcher. Etre sa propre cavalerie.
Un monde, un fossé, une infime blessure sans cicatrice. Mais une étoile sur ma peau. Sept cent trente, comme autour de tours de Terre. Et pourtant, je me retrouve au même endroit. Le voir sous une autre lumière. Sept cent trente c'est énorme et infinitésimal, pourtant le même temps, le même vent, sans que absolument rien ne soit pareil, ni radicalement différent. Car après sept cent trente jours il n'y en a que celui-là. L'homme par hasard, par le plus grand des hasards. Il dort. Je le regarde et je comprends qu'une seule larme sur ma joue peut-être bien plus vaste que les flots d'il y a sept cent trente jours.
Sept cent trente jours, des éléphants sans mémoire ça n'existe pas. Ou alors ce sont des autruches.
Ma vie ne se défait jamais tout à fait de la route que j'ai suivie, des carrefours que j'ai pas empruntés, des voitures qui m'ont renversées, mais je ne suis pas un éléphant. Je ne suis pas toujours la même route. Mon itinéraire.

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lundi 1 juin 2009

insomniaque

L'aube du premier jour de juin se lève. J'ai beau en vivre encore et toujours, il y a peu de choses en ce monde qui m'émeut à ce point. Aussi peu de moments qui m'inspirent cette confiance. Je me dis souvent peu importe, mais à l'aube j'ai envie de la retenir dans mes mains. Si je devais croire en une chose, si je devais en être absolument sûr, est-ce que ce serait ce moment ?
L'aube est bleue. Un bleu gris, un jeans délavé.
Mettre sa confiance dans les mains de l'aube est probablement la chose la plus stupide. L'espoir de l'éternité en définitive. Ça ne se résume donc à pas grand chose, rien qui ne tienne la route.
Une énigme me traverse la tête ce matin; je me demande pourquoi j'aime à ce point le jour qui se lève, cet instant où tout est encore mort. Je ne trouve pas la réponse. Peut-être parce que ce sont d'autres questions qui se dandinent en dessous. Est-ce si bizarre d'aimer l'aube, un tel attachement ? Y a-t-il que les insomniaques ?
A y réfléchir, je me dis que tout le monde aime l'aube. Peut-être bien plus que les insomniaques, les gens dont le sommeil est en état doivent bien plus à l'aube. Il semble exister quelque part cette possibilité que demain sera, puisqu'aujourd'hui existe. Remettre au lendemain, ce n'est finalement que 12 heures de plus. 12 heures où on joue au cheval mort de toute manière. La possibilité de rattraper son erreur d'aujourd'hui en toute impunité, encore mieux quand on est protégé par l'immunité diplomatique si évidente. Mais l'aube ce n'est pas ça. Quand on la voit sans discontinuité on sait qu'il n'y a qu'un fil, une fin à chaque battement. L'aube c'est aussi ne pas savoir se défaire de ses frusques. De vouloir à tout prix être un. Sans relâcher la mâchoire.
L'aube c'est être seul avant tout. Devant le monde, un temps d'avance qui ne sert pas vraiment.
L'aube ce sont mes plus belles décisions. Je ferai ça, ici, surtout ailleurs, seul parfois, accompagné d'autres fois. Sur tout ce rien. Sur l'aube, le ciel clair ou assombri. Je suis insomniaque, même si on ne me croit pas, même si on me dit qu'il faut dormir comme si j'étais complètement con de ne pas dormir.

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samedi 30 mai 2009

un tout petit avion blanc

Il doit avoir taille d'une agrafe pas beaucoup plus. Tout blanc, lumineux dans le ciel bleu d'une fin de journée de printemps. Il ne fait que passer. Lentement à toute allure. Un petit avion blanc tout en haut dans le ciel. Je le regarde avant que le voile de nuages ne l'efface. Le nez en l'air, le coup tendu. Mes yeux sont fixes, mon attention est toute dévouée.
Je l'aime bien, il me rappelle que son retour est proche. Arrive. Elle arrivera aussi dans un avion pareil, blanc, tout en haut dans le ciel. Cette personne qui ne me manque pas tous les jours, mais qui me manque comme un membre amputé. Elle arrive dans une dizaine de jours.

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jeudi 28 mai 2009

Un mec de ma trempe

J'aimerais savoir comment font les gens pour ne pas être de vertueux connards de glaçon comme je le suis. Hier je vais boire un verre à mon nouveau comptoire préféré. Histoire d'entendre du bruit, de trouver de l'inspiration, de m'excercer à boire une bière sans baver sur le bord du verre toutes les 3 gorgées. Bière, coca, café, porto, verre de porto, ou verre à dents.
J'arrive dans le bar où mes fesses vont se poser tous les jours qu'on décide de m'accorder. Et là, alors que je pensais avoir perdu tous mes points de fierté durant la journée, je me ramasse. Serveur 1 que je connais depuis au moins un an me salue, chaleureusement, me demande comment ça va la vie, et tout et tout. C'est trop cool, ouaaaais, tape m'en 5. Yehaaa. Ça devait y ressembler. Au lieu de ça, j'ai sourit et lâché un pauvre "Ça va bien merci" et suis allé m'asseoir. Je suis froid. Incapable. Même Glenn Close doit être plus friendly que moi.
10 minnutes plus tard, Serveur 2 que je connais depuis 2 semaines vient prendre ma commande. Il me salue, me demande si ça va. Si j'ai envie de chips maison comme la dernière fois avec un énorme sourire, une envie de nouer le dialogue. Ouais t'avais adoré, c'est trop cool, ouais il fait trop beau. J'ai juste répondu "Non. Je prendrais une bière". Même Miterrand devait être moins dur, méprisant. Je n'ai pas d'égard.
Malgré tout, ils sont toujours gentils. Toujours yepi yep. Et je ne sais toujours pas l'être. Je suis de marbre. Un vulgaire connard, enfermé dans son monde, une sorte d'attardé, ou le genre de mec dont on se dit : il doit vivre avec 15 chats dont la moitié a une bléno des chats.
Je suis méprisant alors que j'ai envie d'être yepi yep. Un mec de ma trempe ce n'est pas drôle, un mec de ma trempe vit avec un magma à l'intérieur. Et de l'acné sur la gueule aux changements de saison. Un mec de ma trempe aime la lumière, mais n'est à l'aise que dans l'ombre. Un mec de ma trempe maudit son sort parfois. Un mec de ma trempe n'est pas celui qu'il est parfois. Un mec de ma trempe voue un culte infini aux serveurs et aux serveuses. Ce sont mes cap' Kirk et Spok, mes Wolverine, mes pompiers, mes robins des bois à moi. Un mec de ma trempe a le charisme d'un tabouret de comptoire, d'une boite de thon.

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dimanche 24 mai 2009

trop tard

Il y a eu un jour, je ne sais plus lequel, mais un jour où je me suis dit : "C'est trop tard". J'ai compris à ce moment-là que les gens que j'allais rencontrer resteraient les énigmes de leur vie. Que j'allais faire leur connaissance, apprendre plein de choses sur eux, mais qu'ils conserveraient cette part irréductible et inconnue. Je ne connaîtrais plus personne aussi bien que je me connaissais. Et vice versa. Un jour ce jour arrive. Ce n'est pas une question d'âge. Peut-être lors du premier déménagement.
Ce sentiment de faiblesse, d'arriver par hasard. En court de route, après le début du film, on a raté les 10 premières minutes. On ne saura jamais à quoi elles ressemblent. Même si on nous la raconte. Ça restera un flou, un tissu d'approximations qu'on s'invente à partir des particules de "maintenant".

Souvent, j'essaie de m'imaginer à quoi ressemblaient certains de mes amis lorsqu'ils étaient enfants. Sur leur visage, lire les heures de jeu.
C'est trop tard c'est aussi le moment où l'on commence à voir les gens tels qu'ils sont, se présentent à vous. Là où ils et nous choisissons de laisser ce que nous ne sommes plus. Le moment où on devient seul, profondément seul pour mieux s'entourer. Pour mieux se présenter. Le jour où tout est acceptable et accepté.

Un jour, j'ai rencontré une fille avec un pull orange et un autre un mec avec une chapka.  Et une fois, une fille dans une beuverie ou par hasard à la Couronne. Ou un type avec qui j'ai débattu entre Salma Hayek ou P.Cruz. Et d'autres, d'autres jours. Je ne savais rien. D'eux. Et je les ai regardé, les regarde tels qu'ils sont. Et si j'ai raté les 10 ou 20 premières minutes de leur film, m'en fous. Ce sont ces personnes que je connais le plus, car il y a leur mystère, leurs énigmes à respecter.

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samedi 23 mai 2009

au-delà des clichés

Je regarde ces photos, comme on regarde les jolies vitrines en attendant que la pluie cesse. J'écoute Andrew Bird, je l'ajoute à la liste des gens avec qui j'aimerais diner. Je regarde ces photos pour me distraire, ouvrir la porte d'un autre univers. L'Italie peut-être. Mais heureusement la fenêtre est ouverte. L'air est bon. Des photos. Le jardin sous la lumière d'un réverbère orangé. Presque minuit. J'imagine le son des pas qui s'approcheraient.
Respirer.
Ne pas oublier.
Et la journée revient. 24 heures en 24 secondes... Au-delà du cliché, ce qui compte ce sont les gens. Surtout quand la fenêtre est fermée. Surtout... Alors si je m'éloigne un jour, par mégarde. Par habitude. Pour rien. J'espère que ces gens sauront me retenir.

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vendredi 22 mai 2009

Lire un livre peut être dangereux. Enfin c'est surtout avoir ce livre dans sa main qui l'est. C'est s'exposer à la question du blaireau-A: -Tu lis quoi ?
Ce n'est plus qu'une question de secondes, vous allez mourir, brûlé sur un bûcher. Une sorte d'autodafé indirect. C'est Quoi comme livre ? Ça parle de Quoi ? C'est bien écrit ? C'est beau ?
T'as intérêt à avoir un bon livre. Un VRAI livre. Avoir un livre à la main, c'est comme porter une cravate. Elle doit être belle, aller avec le reste du costume, ne pas heurter la vision de blaireau-A.

J'ai failli la semaine dernière tuer, Tobi-A, d'un méchant coup "dans le titre du livre il y a le mot mort". A faillit ne pas supporter. Association logique-A: mort = livre pas drôle. Ce fut mon tour de craindre ma propre mort. J'ai beau eu essayer de lui expliquer que nan, ce livre parle peu de mort, mais de vie, que c'est un roman. Il y a le mot mort. Donc mort. Crétin. Finalement, j'ai préféré lui laisser croire ce qu'il voulait.

Ce matin, je sors de chez moi. Et mon besoin de solitude post-douche fut mis à mal par la rencontre avec Vieille-du-rez-qui-fout-ces-cendres-de-clopes-dans-le-couloir. Cette femme semble toute fragile, mais est beaucoup plus forte qu'une armée de Tobi. Bref, faire la conversation : START. Je lui tiens la porte. Nous embrayons sur le voisin-fou et sur je-suis-sourde. Je tenais mon livre dans la main... Et elle posa son regard sur le livre, du coup : j'adore-lire-mais-je-dois-devenir-aveugle. (en 70 secondes j'avais fini par perdre 10 points sur ma carte "la vie est géniale"). Je lis hurle le titre. Hurler parce qu'elle est sourde. Je lui explique. Elle a rien dit. Elle a écouté, je lui raconte les grandes lignes. Le point de départ du livre. Elle a semblé conquise (alors, c'est donc possible? j'ai réussi à parler d'un livre en étant clair ?)

Ce livre part d'une croyance africaine. Les gens meurent, mais restent vivants tant que vivent les gens qui se souviennent d'eux. En gros. Vite dit.

Elle me regarde. Et dit: Je vais probablement mourir bientôt. Je suis vieille. Mais je n'ai pas trop à m'inquiéter, vous allez vivre encore longtemps. Donc je serai dans ce monde-là.

Oui se souvenir. Ce n'est pas une injonction. C'est un fait. Se souvenir de ceux qu'on a croisé. (en 3 secondes j'ai gagné 89 points).

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dimanche 17 mai 2009

Il avait dit: JE CROIS QUE TU COMPRENDRAS JAMAIS VRAIMENT... ET C'EST MIEUX AINSI. POUR TOI. POUR MOI AUSSI, REMARQUE. VU QUE TU ME FAIS PAS DE CADEAUX.

Ce soir-là, j'avais réalisé une chose informe. Compris quelque chose de douloureux et libérateur, sans savoir quoi. Que chaque être avance vers sa propre mort sans que nous puissions y faire quoi que ce soit, sans que ça soit notre affaire. Peut-être ça, mais le doute demeure. Ce peut être tout à fait autre chose... Je sais pas. Pourtant, j'ai toujours peur d'avoir été sévère. Même si c'est sans doute mieux ainsi.

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samedi 16 mai 2009

Putain, mémorise

Je ne me rappelle plus exactement comment ça s'est passé. Voire même carrément. Je me souviens que nous étions montés chez moi pour se rouler un joint, tu parles ! Nous avons pris des photos. Etc. Je revois plein de choses de cette soirée, mais de ce moment-là rien du tout. Nada. Je sais que j'attendais ça depuis quelques bières, un deux soirs avant ou dans un taxi après qu'on a traversé République. Je me souviens seulement que lorsque ce moment fut sur le point d'arriver, je me suis dit "Il faut graver dans ta mémoire ce moment, parce que celui-ci compte". Parmi tous les points lumineux dans le ciel du soir, Vénus.
Graver. Cette pensée a traversé mon esprit comme une étoile filante. Faire un voeux. Avec le recul, je me demande si on a vraiment le droit de faire un voeux lorsqu'un autre se réalise. Une étoile filante : graver.

Mais j'ai presque tout oublié. N'ai retenu que l'envie et ce sentiment de devoir absolument retenir ce moment. J'ai oublié. Mais ce n'est pas grave, car peut-être ce qui importe c'est ce qui arrive après. Finalement, je suis content de n'avoir rien retenu, et de m'être laissé aller pour une fois. Pour de bon.

"Putain, mémorise", mais pour une fois je me suis laissé vivre. Alors j'ai oublié et ça ne gâche rien. Une étoile filante, on peut se souvenir du lieu, approximativement du moment et on oublie souvent le moment exact, avec tous les détails, où (ça) s'est passé, mais par contre on oublie jamais le voeux, et je m'en souviens parfaitement.

Retenir ces moments dans leurs moindres contours n'est pas forcément important, lorsque vous savez qu'il y aura pas que ça.

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mercredi 13 mai 2009

La grande librairie

Je vais dans les grandes librairies qui font des rabais sur les nouveautés. Je sais c'est mal, mais je m'en fous. Au moins, il y a de l'espace et des sièges pour lire. Et puis, il y a de tout. Même des vrais libraires. Evidemment, si je pouvais aller tous les jours ouvrables chez I LOVE MY BLENDER...
Je vais dans les grandes librairies. Parce qu'on se fait pas chier à chercher un livre et surtout on se fait pas mater comme un con d'inculte parce qu'on pose une question. Puis parce que c'est près de deux stations de métro.
Et qu'il y a aussi de vrais libraires dedans. Comme pour Andros... et les fruits.

J'ai fini par demander s'ils ont ce livre au libraire (qu'on croyait mignon mais qui a des croûtes de sang autour des yeux). Il me répond "non, j'ai acheté le dernier, mais je l'ai recommandé... dans une semaine - peux vous le réserver si vous voulez?". De toute façon, je m'en fous CE livre, je pense que je ne l'aurais pas acheté et encore moins lu. Je me suis alors mis en quête d'une excuse pour partir sans prendre la commande. Mais c'est à ce moment qu'il s'illumine. Ou que quelque chose illumine son visage diminuant l'effet "je me mords les bords des yeux quand je suis nerveux". Il me tend un 10|18 et me balance:
-Celui-ci est vraiment bon. Rien à voir avec CE livre. Qui est très bien aussi du reste. Non je veux dire, le thème-rien à voir. Mais il est génial.

Une douzaine d'heures plus tard, et quelques pages plus tard (j'ai peu lu, parce que travail, café, bouffe, facebook), je voudrais le remercier. Le hasard. Un livre qui me plait, que j'ai déjà en corps. Le remercier.
Dire que j'étais entré dans la librairie, la Grande, par hasard. Par ennui. Par temps à rien foutre. Le Hasard, l'ennui, l'envie de rien foutre conduit inlassablement vers le meilleur, vers l'inattendu qui parfois est tout sauf ce que vous cherchiez. Mais en quelques secondes, vous savez que c'est ce que vous attendiez. En secret. En douce. Depuis longtemps, depuis...
Dans la grande librairie, ou un soir en rentrant de Suisse à Paris.

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lundi 11 mai 2009

en parler

J'aime en parler. Mais je crois que la plupart des gens ne voient pas les mots qui restent sur mes lèvres. Je semble impudique, alors que je le suis comme jamais. Je suis pudique et privé. Quand j'en parle, il y a toujours une pièce manquante, que je garde pour nous. Et en même temps je ne cache rien. J'avais l'habitude de me répendre, alors que je cachais tellement. Avant.
Et maintenant, depuis. Je sais que...c'est ton oreille et ta voix qui comptent le plus.

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dimanche 10 mai 2009

A l'arrière des voitures

A l'arrière des voitures, de la musique bosniaque.
A l'arrière des voitures, l'autoroute semble moins ennuyeuse.
A l'arrière des voitures qui roulent trop vite.
A l'arrière des voitures, on remonte un toboggan.
A l'arrière des voitures, un jour, on avait embrassé un homme.
A l'arrière des voitures, on se dit toujours que la musique est plus forte qu'à l'avant.
A l'arrière des voitures, on doit retenir un carton de verres dans les virages.
Mais à l'arrière des voitures, parfois on pleure aussi en silence. De tout ce beau.
A l'arrière des voitures, on sanglote. Je pense à eux. A d'eux. A toi.

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vendredi 8 mai 2009

Ayant épuisé le répertoire.

Ayant épuisé le répertoire, je me suis finalement dit, avoué que je pourrai manger seul dehors, et profiter de ce calme.

Je me suis installé en terrasse, j'ai écrit sur la nappe en attendant la commande. Le soir de printemps. Alors je me suis souvenu que j'étais aussi capable d'être seul. Que j'aime ça autant que d'être accompagné, même si c'est bien accompagné. J'en avais besoin. Etre seul et se regarder dans les yeux. Si j'avais été avec quelqu'un je n'aurais été que dehors, je n'aurais pas vu ce que j'ai vu.
J'étais seul au restaurant et libre. J'étais seul, physiquement. Mais proche de Vous.

"J'étais ..."

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samedi 2 mai 2009

le silence

C'est comme si l'extérieur s'était mis au rythme de l'intérieur de la maison. Un silence partout, un ciel gris et bas. Un peu d'orage. Une lenteur. Un silence assourdissant. Et pourtant, je préfère ça à la sonnerie du téléphone aujourd'hui.
Le silence en attendant la fin du jour.
Le silence et quelques souvenirs. Et entendre le silence.

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le mariage de ma meilleure amie (I)

Je l'ai regardée cet après-midi, à un moment. Quand elle est arrivée c'est sa beauté pure qui m'a frappé droit dans la rétine. Avec son blouson de cuir et ses talons. Un physique, un alliage qu'à elle. Cette fille qui est devenue sous nos yeux cette femme. C'est dingue quand je repense aux premiers mots que nous nous sommes prononcé ce qui me frappe c'est la différence, l'écart. C'était il y a 3, 4 ans. Des bars, des discussions de cul, des discussions d'origine, des examens minables à passer, d'autres examens.
L'écart. Entre ce qu'elle est devenue et ce qu'elle était. Entre ce que nous étions et ce que nous sommes devenus.
L'écart. Aussi paradoxal que ça puisse paraître, c'est dans ces écarts que l'on se rapproche de ce que nous sommes. Oui, elle n'a rien à voir avec ce qu'elle était, et en même temps ce n'était que la surface. Car le coeur (the core) est toujours à la même place, a toujours la même gueule. L'honneur, le bonheur surtout d'être à ses cotés. Pour ce jour de pas n'importe quel jour. Evident.

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